LA LANGUE JAPONAISE

Les chapitres

L’architecture

La langue japonaise est composée de deux syllabaires et de leurs combinaisons phonétiques, auxquels s’ajoutent des kanji (idéogrammes). Elle intègre également les rōmaji (caractères de l’alphabet latin) et deux systèmes d’écriture des chiffres.

C’est l’association de ces différents éléments qui forme l’architecture de l’écriture japonaise.

Voyons plus en détail.

  • Les Hiragana (1) : syllabaire de 71 syllabes des mots japonais
  • Les Katakana (1) : syllabaire de 71 syllabes des mots étrangers
  • Les Kanji (2) : idéogrammes (plus précisément, logogrammes) pouvant se substituer, pour une lecture simplifiée, à un, deux ou trois hiragana, rarement plus
  • Les Rōmaji : notre alphabet latin que nous connaissons bien
  • Les chiffres : selon le contexte, ils peuvent être écrits avec des Kansuji (caractères chinois) ou des chiffres arabes

(1) Note sur les Hiragana et Katakana (ou Kana 仮名)

C’est un raccourci de dire que les hiragana sont destinés à l’écriture des mots japonais et les katakana à celle des mots étrangers.

On peut le résumer ainsi. De facto, c’est son utilisation contemporaine. Mais à l’origine, il en était tout autrement.

Les hiragana ひらがな dérivent de l’écriture cursive de caractères chinois utilisés phonétiquement (man’yōgana) et se sont développés au Japon, notamment dans la littérature de cour de l’époque de Heian period. On pourrait donc parler d’un syllabaire endogène.

Les katakana カタカナ d’une écriture plus anguleuse ont été créés par des moines bouddhistes qui ont découpé des fragments de caractères chinois pour noter la prononciation dans les textes. Leur fonction première était d’annoter des textes chinois. Mais aujourd’hui, ils sont souvent associés à la transcription d’éléments d’origine exogène ; les mots étrangers, onomatopées ou les emphases.

(2) Note sur les Kanji 漢字

Un lycéen devra apprendre 2.000 kanji.
La plupart des Japonais, connaissent entre 2.000 et 3.000 kanji.
Un érudit sérieux peut en lire entre à 5.000 et 10.000 sur les 50.000 kanji existants.

La construction de la phrase

La construction ou l’architecture de la phrase japonaise est littéralement à l’opposé de la phrase française.

Exemple :

Si vous dites

« La bouteille est sur la table de la chambre qui est dans le grenier »

Vous direz en japonais

« bouteille (elle), grenier au, est, chambre de table, de dessus (sur la table), vers il y a »

Décomposons la phrase en Japonais, mot par mot

瓶は屋根裏にある部屋のテーブルの上にあります。

瓶 Bin (bouteille) は ha (sujet) 屋根裏 yaneura (grenier) に ni (au) ある aru (est) 部屋 heya (chambre) の no (de)テーブル tēburu (table) の no (de) 上 ue (dessus) に ni (à / vers) あります arimasu (il y a)

Par ailleurs, il est intéressant de savoir que le sujet n’est pas toujours nécessaire si le contexte est clair, d’où l’absence fréquente de « je » ou « moi » dans les phrases japonaises.

Koujakuji Temple et Inari Jinja à Hiroshima. Le sanctuaire Inō Jinja 稲生神社 est curieusement perché sur le toit d’un petit bâtiment. Ce n’est pas rare au Japon.
Inō jinja Hiroshima 稲生神社 広島

La lecture

Les hiragana et les katakana (ou Kana 仮名), comme nous l’avons vu plus haut, reprennent des éléments de langage différents mais seront dits de la même manière que ce soit avec des hiragana ou des katakana.

Autrement dit, les hiragana et les katakana expriment les mêmes 71 syllabes, mais en les écrivant autrement.

La langue japonaise peut s’écrire uniquement avec des kana 仮名, c’est-à-dire, sans kanji 漢字.

En effet, même si les phrases contiennent des kanji, ces derniers peuvent laisser place à des hiragana et rendre la lecture accessible à tous, si tant est que nous apprenions les hiragana.

C’est ainsi que les enfants apprennent à lire.

Les premiers livres de l’école primaire ne contiennent aucun kanji mais uniquement des hiragana et des katakana.
Au fur et à mesure de l’apprentissage scolaire, les kanji s’immiscent petit à petit dans les livres pour une assimilation complète : lecture, écriture et compréhension du mot.

Pour que vous puissiez bien comprendre.

Un mot peut être composé de différentes combinaisons :

  • Uniquement constitué de hiragana
  • Uniquement constitué de katakana (les katakana ne sont jamais associés avec des kanji ou des hiragana)
  • Uniquement constistué de kanji (de un à quatre kanji)
  • Constitué d’une association de kanji et de hiragana

Exemple :

  • ありがとうございます (arigatōgozaimasu) → Merci
  • アイスクリーム (aisukurīmu) → glace / ice cream
  • 高速道路 (kōsoku dōro) → autoroute
  • 勉強する (benkyō suru) → étudier

Mais ces mêmes mots (qui contiennent des kanji) pourraient aussi s’écrire de cette façon, et leur lecture être donnée à tous :

  • こうそくどうろ (kōsoku dōro) → autoroute
  • べんきょうする (benkyō suru) → étudier

Ce qui ne se fait pas, mais qui est possible par ailleurs, et ceci pour vous montrer que les syllabaires hiragana et katakana peuvent écrire les mêmes mots, voici comment les mots merci et glace pourraient s’écrire différemment :

  • アリガトウゴザイマス (arigatōgozaimasu) → Merci
  • あいすくりーむ (aisukurīmu) → glace / ice cream

Les syllabes contractées

Une syllabe contractée, en japonais 拗音 (yōon), combine une syllabe avec une petite syllabe (syllabe contractée).

Reprenons le mot 勉強する (benkyō suru) → étudier

Nous avons vu qu’il pouvait s’écrire uniquement avec des hiragana pour qu’il soit lisible par ceux qui ne connaissent pas les kanji.
Il s’écrivait alors : べんきょうする (benkyō suru) → étudier

Ici la syllabe contractée (le petit yo : ょ) combine avec la syllabe き pour produire le son kyo : きょ.

Vous êtes maintenant prêt à parler le Japonais !

Le chapitre suivant vous guidera pour prononcer les syllabes correctement.

Vous pourrez après cela, vous amuser à prendre des livres d’enfant et les lire.

Peut-être ne comprendrez-vous rien à ce que vous lirez, mais vous lirez du Japonais 😀

La prononciation

Vous pourrez trouver en bas de cette page, ces deux tableaux.

Les Hiragana

Syllabaire pour la prononciation des 71 hiragana

Les Katakana

Syllabaire pour la prononciation des 71 katakana

Note sur les Hiragana et Katakana (kana 仮名)
Vous remarquerez des petits signes [« ] ば et [°] ぱ qui se positionnent devant certains kana. C’est une indication phonétique.
Exemple : Ha, Hi, Hu, He, Ho avec (°) fait → Pa, Pi, Pu, Pe, Po

  • Pour les (Ha-gyō) Ha, Hi, Hu, He, Ho
    avec (« ) → Ba, Bi, Bu, Be, Bo
    avec (°) → Pa, Pi, Pu, Pe, Po
  • Pour les (Ta-gyō) Ta, Chi, Tsu, Te, To
    avec (« ) → Da, Dji, Dzu, De, Do
  • Pour les (Ka-gyō) Ka, Ki, Ku, Ke, Ko
    avec (« ) → Ga, Gi, Gu, Ge, Go
  • Pour les (Sa-gyō) Sa, Shi, Su, Se, So
    avec (« ) → Za, Zji, Zu, Ze, Zo

A あ, I い et O お se prononcent normalement

U う se prononce « ou » 

E え se prononce « è »

Quand il y a un macron sur la voyelle O « ō », il faut prononcer le « o » et prolonger légèrement le son pour entendre subtilement un « ou » à la fin. 

Ce qui fera → o.ou

Exemple : 
Kyōto
 (きょうと> 京都), ne se prononcera pas Kyoto mais « Kyo.outo ». 
Tōkyō (とうきょう > 東京), ne se prononcera pas Tokyo mais « To.ou kyo.ou »

Pareil pour ū → ou.ou (un « ou » prolongé)

ā &  ī → on prolonge seulement le son de la voyelle → aa & ii

JA se prononce DJA    じゃ

JI se prononce DJI    じ

JU se prononce DJOU    じゅ

JE se prononce DJÈ    じぇ

JO se prononce DJO    じょ

SA se prononce SSA    さ

SHI se prononce SHI    し

SU se prononce SSOU    す

SE se prononce SSÈ    せ

SO se prononce SSO    そ

( ͡° ͜ʖ ͡°)SU à la fin d’un mot, qu’on voit dans beaucoup de terminaisons, se prononce plutôt « sseu » comme : arigatō goza imasu (imasseu), pour dire merci.

Z se prononce « dzz »  > exemple : za ざ, dji じ, zu (zou) ず, ze (zè) ぜ, zo ぞ

CH se prononce « tch » 

S se prononce « ss » et non « z ». Pour Ōsaka (おおさか > 大阪), on dira donc Ōssaka et non Ōzaka.

H se prononce en expirant l’air comme on dit aspirer le H pour dire Haricot

Ha, Hi, Hu (hou), He (Hè), Ho

R se dit comme un R très roulé, ressemblant plutôt à un L qu’à un R

G se prononce Gu et non Ge

GA se prononce GA    が

GI se prononce GUI    ぎ

GU se prononce GOU    ぐ

GE se prononce GUÈ    げ

GO se prononce GUO    ご

W se prononce comme Walter et non Wagon

Quand un mot se termine par N (ん), dernière syllabe des tableaux des hiragana et katakana, on prononce « ne ». 
Par exemple « kon » こん, on dira « conne » et non pas « con » 😉

Pour « kan » かん, on dira « cane » et non pas « quand », ainsi que pour « men » めん, on dira « mène », etc. 

Les autres consonnes se prononcent normalement, mais certains sons de la langue française n’existent pas dans la langue japonaise, comme par exemple : V.. ; X.. ; R.. (qui se prononce L..)

Comme en espagnol, on prononce toutes les voyelles A I U(ou) E(è) O
Il n’y a pas de voyelles sourdes ou de diphtongues.

Par exemple : 
Délicieux « oishii » おいしい se prononcera :  o お +  i い +  shii しい   (et non :   oua shii)

« Santé » quand on trinque, « kanpai » かんぱい se prononcera :  kane かん +  pa ぱ+ i い (et non, kanpè)

Les différentes tenues de langage

Tout comme en français, les différentes formes de langage sont, également en japonais, assez compliquées.

Mais retenez seulement, que les deux formes les plus utilisées sont teineikei (丁寧形) et futsūkei (普通形), qui correspondent, grosso modo, à notre vouvoiement, et notre tutoiement.

Cependant, la forme futsūkei ne s’emploie qu’avec les amis proches, et la famille. 
Il est de bon ton, de tenir un langage en forme polie, teineikei, même avec des amis un peu éloignés. 

Vous l’entendez peut-être, beaucoup de phrases se finissent par la sonorité «…masseu / …desseu (au présent) », ou « …mashita / …deshita (au passé) ». C’est cela, la forme polie.

Par exemple :

« Merci » se dit, « arigatō goza imasu » dans la forme polie, mais se dit, « arigatō (seulement) » dans la forme familière.

« C’est délicieux » se dit, « oishii desu » dans la forme polie, mais se dit, « oishii (seulement) » dans la forme familière.

« C’était délicieux » se dit, « oishi katta desu » dans la forme polie, mais se dit, « oishi katta (seulement) » dans la forme familière. 

Conclusion :

Ne dites pas,  « arigatō (seulement) », mais « arigatō goza imasu (au présent) », ou « arigatō goza imashita (au passé) », sauf si vous le dites à des amis que vous connaissez vraiment très bien, et avec qui vous entretenez une relation très familière. 

Quelques mots très utiles à apprendre

Merci >  
arigatō goza imasu    (ali gato.ou godza ima sseu)  
ありがとうございます

Réponse à : merci (je vous en prie) >   
dō itashi mashite   (do(ou) itashi mashité)
どういたしまして

Bonjour le matin jusqu’à 10h >   
o hayō goza imasu   (o ha yō go dza i ma sseu)   
おはようございます

Bonjour >   
kon nichi wa   (cone nitchi wa)    
こんにちは

Bonsoir >   
kon ban wa   (cone bane wa) 
こんばんは

Au revoir (à bientôt !) >   
Mata nè !
またね   

Au revoir, Adieu >  
Sayō nara  (un peu triste)
さようなら

Bienvenu >   
yōkoso   (yō ko sso)
ようこそ

Je m’appelle Denis (formulation très simple) >
watashiwa, Denis desu
わたしは、ドニです

Enchanté de faire votre connaissance >
hajime mashite
はめまして

Merci de votre indulgence, je vais tout faire de mon possible >
yoroshiku onegai shimasu (yolo shikou onègaille shimasseu) 
Cette formule est souvent utilisée ! Je vous conseille de l’apprendre 😉
よろしくおねがいします

Oui >  
hai  (haille !) 
はい

Non > 
iie (i.i.è)
On évite de dire « Non »
いえ 

On préfèrera dire, à la place de « Non »  >   
Ça ira  >   dai jō bu desu      ( da i djo(ou) bu desseu )
だいじょうぶです ou 大丈夫です (en kanji)

 Combien ça coûte ? >
ikura desu ka ?
いくらですか

Bon appétit (merci de nous régaler) >  
itadaki masu   (i ta da ki ma sseu)
Cependant, il n’y a pas de traduction littérale de « bon appétit » 😉
いただきます

Merci de nous avoir régalé (après avoir fini de manger) >   
go chisō sama deshita   (go tchi sō sama dé shita)
ごちそうさまでした

C’est délicieux >   
oishii desu (o ishi i desseu)
おいしいです ou  美味しいです (en kanji)

Santé, quand on trinque >  
kanpai !
かんぱい ou 乾杯 (en kanji)

‼️ Ne dites jamais « tchin tchin », cela nomme le sexe de l’homme et cela serait très mal perçu 😀

L’addition s’il vous plaît >
o kaikei onegai shimasu
おかいけいおねがいします

Désolé, excusez-moi >  
sumi masen   (soumi massène) ou gomen nasai   (gomène nassa i )
すみません ou ごめんなさい

Comment allez-vous ? >   
o genki desu ka    (o genki desseu ka) 
おげんきですか ou お元気ですか (en kanji)

Ça va ! (bonne santé) >   
genki desu     (guène ki dè sseu)
おげんきです ou お元気です (en kanji)

Particule de la question ?
(phrase) + ka
(元気です) + か

Avec plaisir >   
yoro konde   (yoro kon dé) 
よろこんで!

Allez-y (je vous en prie) >     
dōzo   (dō zo)
どうぞ

Où sont les toilettes ? >
toire ha doko desu ka ? (to ilè wa, doko desseu ka)
トイレはどこですか

Je voudrais ceci  >
(vous montrez avec votre main, et non votre index)
kore wa, onegai shimasu (korè wa onégaille shimasseu)
これは、おねがいします

La particule pour dire qu’il s’agit du sujet  >
Exemple > Je suis français
watashi ha furansu jin desu (watashi wa furanseu djin dessu)
わたしはフランス人です ou 私はフランス人です (en kanji)
わたし = je + は = particule du sujet
Notez que は se prononce HA,
sauf dans cette situation, où l’on prononce WA

Apprendre à lire les chiffres japonais


0  zero/rei    0 / 零

1   ichi    一

2   ni    二

3   san    三

4   shi / yon    四

5   go    五

6   roku 六

7    nana    七

8   hatchi  八

9   kyū 九

10   jū    十

11   jū ichi   十一

12   jū ni    十二 

14   jū yon    十四

20  ni jū     二十

21   ni jū ichi    二十一 

22   ni jū ni    二十二

24   ni jū yon    二十四

100 hyaku 百

134  hyaku san jū yon   百三十四

555  go hyaku go jū go    五百五十五

Etcaetera …


Les Hiragana (ひらがな)

Ligneaiueo
あ行 (a‑gyō)
か行 (ka‑gyō)
が行 (ga‑gyō, dakuten)
さ行 (sa‑gyō)
ざ行 (za‑gyō, dakuten)
た行 (ta‑gyō)
だ行 (da‑gyō, dakuten)
な行 (na‑gyō)
は行 (ha‑gyō)
ば行 (ba‑gyō, dakuten)
ぱ行 (pa‑gyō, handakuten)
ま行 (ma‑gyō)
や行 (ya‑gyō)
ら行 (ra‑gyō)
わ行 (wa‑gyō)


Les Katakana (カタカナ)

Ligneaiueo
ア行 (a‑gyō)
カ行 (ka‑gyō)
ガ行 (ga‑gyō, dakuten)
サ行 (sa‑gyō)
ザ行 (za‑gyō, dakuten)
タ行 (ta‑gyō)
ダ行 (da‑gyō, dakuten)
ナ行 (na‑gyō)
ハ行 (ha‑gyō)
バ行 (ba‑gyō, dakuten)
パ行 (pa‑gyō, handakuten)
マ行 (ma‑gyō)
ヤ行 (ya‑gyō)
ラ行 (ra‑gyō)
ワ行 (wa‑gyō)