Catégorie : Voyage

  • Sake et Nihonshu : ce que nous ne comprenons pas toujours

    Sake et Nihonshu : ce que nous ne comprenons pas toujours

    お疲れ様でした、かんぱい!

    Le sake, ce malentendu culturel 😉

    Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, le sake (prononcez saké 酒 ou o-saké お酒 dans sa forme polie) n’est pas forcément cet alcool de riz fort que l’on imagine.

    Au Japon, le mot sake 酒 désigne en réalité l’alcool en général.
    C’est un terme générique.

    Ainsi, si vous entrez dans un bar ou un restaurant et demandez simplement du sake, il est probable qu’on ne sache pas exactement quoi vous servir.
    Le mot peut désigner aussi bien de la bière, du vin, du whisky, du pastis… que du nihonshu (le vrai « sake japonais ») ou du shōchū.

    D’où vient cette confusion ?

    Lorsque le Japon s’est ouvert à l’Occident, le nihonshu 日本酒, alcool de riz traditionnel japonais, est devenu un symbole culturel. Les Occidentaux ont alors traduit ce mot simplement par « sake », pensant qu’il ne désignait que cette boisson-là.

    Pourtant, même au Japon, cette ambiguïté est courante. Cela vient sans doute du fait qu’à l’origine, l’unique alcool produit localement était le nihonshu, fabriqué dans les fermes, à base de riz, d’eau et de fermentations naturelles. Le mot « sake » allait donc de soi.

    Après l’ère Meiji, le Japon s’étant ouvert à d’autres techniques de distillations et de fermentation,  d’autres alcools ont ainsi gagné le marché et il y eut besoin d’autres mots pour définir ces nouvelles boissons. 
    Mais encore aujourd’hui, si vous allez dans un izakaya – le restaurant traditionnel japonais – et que vous demandez du sake « o sake ga arimasu ka ? », on pensera que vous souhaitez boire du nihonshu. En revanche, si vous posez la même question dans un bar moderne, le mot sake englobera tous les alcools et on vous demandera quel alcool vous souhaitez précisément boire.

    L’alcool au Japon : un lien social millénaire

    L’alcool au Japon est de culture millénaire et entretien le lien social. Il accompagne aussi les moments collectifs, en particulier après le travail. Les salarymen – ces salariés d’entreprises qui travaillent d’arrache-pied pour leur entreprise – viennent souvent en fin de semaine avec leur chef pour célébrer le travail bien fait et trinquent joyeusement en disant :
    « o tsukaré sama deshita お疲れ様でした » qui veut dire littéralement « merci pour votre travail acharné ».

    Que boit-on au Japon ?

    Les Japonais aiment boire, certes, mais contrairement à la France, l’offre en boissons non alcoolisées est d’une richesse étonnante !

    Veuillez lire mon article à ce sujet : 

    En ce qui concerne les boissons alcoolisées, le Japon offre une diversité comparable à celle de notre terroir français.

    Le nihonshu, par exemple, cette boisson autour de 15° repose sur un savoir-faire, dans le processus de sa fabrication, tout aussi rigoureux et complexe que celui de nos grands vins. 

    Mais alors, quels sont ces noms que l’on entend dans les izakaya, les restaurants et les bars ?

    Faisons ici un petit inventaire utile qui vous permettra d’y voir plus clair dans le monde du sake japonais.

    Le nihonshu 日本酒 

    Signifie « Alcool du Japon » ou « Alcool de l’origine du soleil ». 
    C’est clair, le nihonshu est la boisson traditionnelle par excellence et déifiée dans les rites shintō. 
    On pourrait dire que le nihonshu est au Japon ce que le vin est à la France.

    Lorsqu’on parle de nihonshu au Japon, c’est une affaire sérieuse. 
    Il est considéré comme « le sake des dieux 神の酒 », et en tant qu’occidental, vous serez à l’honneur si vous savez l’apprécier, et plus encore si vous êtes connaisseur.

    Le nihonshu est un alcool naturel de 13 à 18° fabriqué à partir de :

    • riz,
    • eau,
    • kōji-kin 麹菌 un champignon à enzymes, 
    • et de levures naturelles.

    La fermentation fera le reste.


    Comme nos vins, l’excellence du sake relève de différents paramètres :

    • le terroir,
    • la qualité du riz,
    • celle de l’eau,
    • la richesse enzymatique du kōji,
    • et bien sûr, tout le savoir-faire du maître brasseur (tōji).


    Les prix peuvent aller de quelques euros à des milliers d’euros pour certaines bouteilles d’exception.

    Une complexité à la hauteur de notre vin

    Le monde du nihonshu est d’une complexité incroyable et vous trouverez quantité d’ouvrages et de blogs spécialisés dans ce domaine.
    Je me limiterai ici à vous en faire un décryptage rapide pour vous offrir une première clé de lecture.

    Mais avant d’entrer dans l’inventaire des catégories du sake, voici quelques notions de base à connaître.


    Le polissage 

    Le riz est poli avant d’être utilisé pour la fabrication du sake, et plus le polissage est important, plus le cœur du grain est mis en valeur, tandis que son enveloppe extérieure est éliminée.
    Autrement dit, lorsqu’on parle d’un riz poli à 60 %, cela signifie que 40 % de la surface extérieure du grain ont été retirés, ne laissant que 60 % de son noyau central.


    Le goût et la structure

    Le polissage a un impact direct sur la qualité de la fermentation, car la partie centrale du riz est plus riche en amidon, tandis que la surface contient davantage de lipides, de protéines et de vitamines.
    En matière de goût et d’équilibre, la couche externe du grain peut apporter de l’amertume et des saveurs plus grossières, tandis qu’un riz poli à moins de 60 % ou 50 % révèle des arômes subtils, floraux et élégants.
    À l’inverse, un riz peu poli – par exemple à 80 % – donnera un sake plus corsé, rustique, parfois plus amer.


    Le vocabulaire des saveurs

    Il y a une multitude de saveurs et de goûts complexes mais voici une classification basique qui vous permettra de commencer à explorer par vous-même cet univers très étendu dans le domaine olfactif et gustatif.

    辛口            karakuchi                Sec (peu de sucre résiduel, sensation légère)
    甘口            amakuchi                Doux (présence de sucre résiduel, douceur)
    力強い        chikaradzuyoi     Puissant, énergique, charpenté
    濃醇            nōjun                        Riche, dense, corsé, avec du corps
    淡麗            tanrei                        Léger, pur, net, plutôt sec
    まろやか    maroyaka             Doux, arrondi
    芳醇            hōjun                        Aromatique, parfumé, complexe
    爽快            sōkai                        Frais, vif, désaltérant

    Tout petit izakaya de quatre places, au comptoir seulement, où l’on mange et boit merveilleusement bien,en compagnie de la Cheffe et artiste ERIKO – Tōkyō

    Quelles sont les différentes sortes de sake ?

    Le Nihonshu 日本酒 représente trois grandes catégories de sake à base de riz fermenté

    1・Futsu shu 普通酒 

    C’est le sake de tous les jours, comparable à notre vin de table. Il est soumis à aucune contrainte particulière pour sa fabrication :
    – pas de taux de polissage exigé,
    – quantité d’alcool ajoutée plus souple,
    – additifs autorisés (sucre, acide lactique, etc.).
    Il existe des futsū-shu industriels très simples, mais aussi des cuvées plus soignées, produites avec sérieux.
    C’est souvent ce type de sake qu’on consomme chaud ou froid, selon la saison et les préférences.

    2・Junmaishu 純米酒 

    Ce sake est issu d’une fermentation naturelle de riz pur, sans aucun ajout d’alcool distillé ni d’additifs (sucre, acide, etc.).
    Seuls le riz, l’eau et le kōji entrent dans sa composition. C’est un sake franc, souvent plus corsé et riche en umami.

    Quels sont les différents types de Junmai-shu ?

    純米酒    Junmai-shu    Pas de limite stricte (souvent ≤ 70 %)    Riche, corsé, saveurs de riz prononcées.
    特別純米酒    Tokubetsu Junmai-shu    ≤ 60 % ou procédé spécial    Junmai « spécial » (riz mieux poli ou méthode soignée).
    純米吟醸酒    Junmai Ginjō-shu    ≤ 60 %    Fruité, floral, élégant, fermenté à basse température.
    純米大吟醸酒    Junmai Daiginjō-shu    ≤ 50 %    Très raffiné, aromatique, haut de gamme.

    Le % indique le taux de polissage

    3・Honjōzōshu 本醸造酒 

    Ce sake également est issu de la fermentation du riz, comme un junmai, mais auquel on ajoute une petite quantité d’alcool distillé (≤ 10 % du poids du riz) à la fin du processus.
    Ce procédé permet d’exhausser les arômes, affiner le goût, alléger la texture et parfois améliorer la conservation.
    Aucun additif (sucre, acide, etc.) n’est autorisé. Le résultat est souvent plus sec et plus léger qu’un junmai.

    Quels sont les différents types de Honjōzō-shu ?

    本醸造酒                Honjōzō-shu    ≤ 70 %    L’ajout d’alcool affine le profil, goût net, sec.
    特別本醸造酒        Tokubetsu Honjōzō-shu    ≤ 60 %  Un peu plus raffiné et aromatique
    吟醸酒                    Ginjō-shu    ≤ 60 %    Aromatique, fruité, fermenté à basse température
    大吟醸酒                Daiginjō-shu    ≤ 50 %    Très raffiné, complexe, élégant

    Le % indique le taux de polissage


    La catégorie des sake transversaux 

    Les styles transversaux qui coexistent avec les Junmai-shu et les Honjōzō-shu – selon qu’on y ajoute ou non de l’alcool en fin de fermentation – sont des descripteurs techniques ou sensoriels qui indiquent des variantes de traitement ou des particularités du produit final, indépendamment de la catégorie.

    生酒        Namazake    Non pasteurisé, vif, frais
    無濾過    Muroka        Non filtré, plus brut, plus charpenté
    原酒        Genshu        Non dilué, plus fort en alcool autour de 17-18°
    熟成酒 / 古酒    Jukuseishu / Koshu    Vieilli, oxydé, complexe, parfois ambré
    にごり酒           Nigori-zake    Trouble, velouté, doux, parfois sucré

    La grande fête du vin à Coco Farm & Winery à Ashikaga

     

    Les Shōchū, les alcools forts


    Shōchū 焼酎 est un alcool distillé, contrairement au nihonshu qui est, lui, fermenté. Sa teneur en alcool est d’environ 25°, parfois plus, jusqu’à 30° ou 35° pour certaines versions.

    Différents types de Shōchū existent selon l’ingrédient à partir duquel ils sont fabriqués.

    🍠 Patate douce    芋(いも)    Imo shōchū    Parfumé, riche, rond, parfois terreux
    🌾 Orge    麦(むぎ)    Mugi shōchū    Léger, toasté, noisetté
    🌾 Riz    米(こめ)    Kome shōchū    Fin, moelleux, délicat, doux
    🌽 Sarrasin (blé noir)    蕎麦(そば)    Soba shōchū    Original, sec, légèrement végétal
    🍠 Taro    里芋(さといも)    Localisés    Rares, ronds, rustiques
    🍚 Résidus de sake (lees)    酒粕(さけかす)  Kasutori shōchū    Fort, sec, très traditionnel
    🥔 Pomme de terre, etc.    Nominations diverses selon les régions et les traditions


    Awamori 泡盛 est un alcool distillé et une spécialité d’Okinawa. Sa teneur en alcool est souvent de 30°, parfois plus pour des versions appelées Kūsū, atteignant 40–60°.
    Fabriqué exclusivement à base de riz long importé de Thaïlande, avec un type de moisissure noire, kuro-kōji.
    Il est vieilli parfois plusieurs années comme un rhum ou un whisky.


    Les Cocktails à base de Shōchū 


    Ces cocktails sont un mélange de boissons non alcoolisées et de shōchū. 

    Ils sont plus doux à boire, mais attention à l’alcool ; il ne se ressent pas immédiatement !

    Ils se nomment Shōchū Highball 焼酎ハイボール mais on les appelle de façon plus courante Chūhai 酎ハイ ou チューハイ.


    🍋 Shōchū aux agrumes classiques
    レモンハイ(レモンサワー)    Remon-hai / Lémon sour    Citron jaune, très courant
    グレープフルーツハイ    Gurēpufurūtsu-hai    Pamplemousse, très rafraîchissant
    ライムハイ    Raimu-hai    Lime, plus acidulé
    かぼすハイ    Kabosu-hai    Agrume local de Kyūshū
    ゆずハイ    Yuzu-hai    Yuzu, parfumé et subtil


    🍓 Shōchū aux fruits doux ou sucrés
    梅ハイ(うめ)    Umé-hai (prune)    Avec du jus ou du sirop d’umé
    ももハイ    Momo-hai (pêche)    Très doux, populaire chez les jeunes
    りんごハイ    Ringo-hai (pomme)    Plus rare mais agréable
    いちごハイ    Ichigo-hai (fraise)    Sucré, parfois un peu artificiel


    🍵🥤 Shōchū au thé ou autres boissons

    ウーロンハイ    Oolong-hai    Thé oolong + shōchū, très populaire
    緑茶ハイ(りょくちゃ)    Ryokucha-hai    Thé vert + shōchū, plus sec
    コーラハイ    Kōra-hai    Coca + shōchū, très occasionnel
    トマトハイ    Tomato-hai    Jus de tomate + shōchū, goût original

    La grande fête du vin à Coco Farm & Winery à Ashikaga

    🍇 Et les vins japonais ?

     
    Moins célèbres que le nihonshu ou le shōchū, les vins japonais connaissent depuis quelques décennies un véritable essor, porté par un travail de fond sur les terroirs, les cépages et les méthodes de vinification. 

    La région de Yamanashi, au pied du Mont Fuji, est le berceau historique du vignoble japonais, avec en tête d’affiche le cépage autochtone Koshu 甲州. Ce raisin à peau rosée donne naissance à des vins blancs pâles, délicatement citronnés, floraux, peu alcoolisés (11-12°), et souvent vinifiés en cuves inox pour préserver leur fraîcheur.

    À côté de ce cépage emblématique, on trouve aussi le Muscat Bailey A, hybride japonais qui produit des rouges légers, souples et fruités, aux notes de cerise confite et de prune. 

    D’autres régions comme NaganoYamagata ou Hokkaidō s’illustrent avec des cuvées plus ambitieuses, parfois issues de Pinot noirMerlot ou Chardonnay, cultivés en climat frais sur des sols volcaniques.

    Bien qu’encore jeunes sur la scène internationale, les vins japonais séduisent par leur élégance, leur équilibre, et surtout leur affinité naturelle avec la cuisine japonaise, privilégiant la pureté et la discrétion aromatique plutôt que la puissance. Un univers encore discret, mais prometteur, à explorer pour les amateurs curieux.


    Les vins étrangers sont également très présents, et l’on trouve chez les cavistes comme dans la restauration un choix très étendu, parfois d’excellence.

    La grande fête du vin à Coco Farm & Winery à Ashikaga

    Maintenant que vous savez tout sur les boissons, il ne vous reste plus qu’à connaître les bonnes manières pour les boire avec vos amis japonais sans commettre d’impair.

    C’est par ici pour la suite… CHAPITRE 3 – LA BOISSON



     

    Shini Gami 死神 – Nihonshu

    Ce nihonshu s’appelle Shini Gami 死神, les Dieux de la Mort ou La grande Faucheuse. 

    De plus, les kanji 死 et 神 sont à l’envers, ce qui signifie peut-être que vous allez passer derrière la matrice 😉

    C’est un très bon sake puissant, charpenté, onctueux, savoureux et original, de facture pure Junmai Daiginjō centrée sur la partie 「責め」 (seme), c’est‑à‑dire extrait final plus riche, vinifié à partir de riz Yamada‑Nishiki poli à 40 %, non filtré, non pasteurisé et non dilué (原酒). 
    Apprécié par des amateurs à la recherche d’un sake atypique, parfois décrit comme un rendez‑vous entêtant ; “une fois goûté, on ne peut plus s’en passer”.

    Le nom 死神 est aussi inspiré d’un conte de rakugo (*) du même nom, très connu dans la tradition japonaise. Voici un résumé du conte :

    Un homme pauvre, accablé par la malchance, envisage de se suicider. Juste avant de passer à l’acte, un dieu de la mort (shinigami) lui apparaît et lui propose un marché.

    Le dieu lui offre le pouvoir de guérir les malades, à une condition :
    S’il voit le shinigami au pied du lit du malade, il peut le sauver.
    Mais si le shinigami est assis à la tête du lit, la mort est inévitable.
    L’homme accepte et devient un médecin célèbre, gagnant fortune et renommée.

    Mais un jour, alors qu’un riche client est sur le point de mourir avec le shinigami assis à sa tête, le médecin décide de tricher : il tourne le lit en douce, plaçant ainsi le shinigami aux pieds du mourant… et le sauve.

    Le dieu de la mort, furieux, punit le médecin en l’emmenant dans une caverne souterraine, où brûlent des milliers de bougies représentant la vie de chaque être humain.

    Le dieu lui montre la sienne, presque éteinte, et lui donne une dernière chance : transvaser sa flamme dans une autre bougie.
    Mais, en tremblant de peur, le médecin fait tomber la bougie, et meurt sur-le-champ.
     
     

    (*) Le rakugo est une forme très populaire du conte au Japon emprunté depuis quatre siècles. 

  • Les boissons sans alcool au Japon, un choix très varié

    Les boissons sans alcool au Japon, un choix très varié

    おはようございます!

    Voici une petite boisson que l’on trouve partout au Japon, et qui est excellente pour la santé.
    Il s’agit d’un sencha (une variété de thé vert) glacé, au goût herbacé très agréable, avec de légères notes d’épinard et de cacahuète beurrée. C’est l’une de mes boissons préférées ; je me suis régalé !

    En plus, le café situé au premier étage d’une petite maison dans le quartier de Yanaka Ginza était vraiment mignon 💚

    Vous trouverez au Japon un incroyable choix de boissons non alcoolisées, fraîches ou chaudes, souvent non sucrées et très bonnes pour la santé :
    des boissons à base de graines, de délicieux thés (thé vert matcharyokuchasencha, thés rouges, thés noirs, hōjichakukichaoolong-chabancha…), mais aussi du café aux saveurs délicates, des boissons au soja noir, au gingembre frais, ou encore à base d’agrumes comme le kabosu, le shīkwāsā d’Okinawa ou l’aomikan.

    On trouve également du rooibos, du sobacha (infusion de sarrasin), de la citronnelle (lemongrass), de nombreuses bières sans alcool, et bien sûr de l’eau. Bref… la liste est interminable 🍹🍶☕️🍵🥛🧋🥤

    La plupart du temps, ces boissons sont naturelles, peu sucrées voire pas sucrées du tout, et souvent préparées ou servies immédiatement.

    En comparaison, en France, le choix paraît parfois un peu limité : café, thé industriel, sirops très sucrés, limonade, Coca‑ColaOrangina, sodas sucrés… et… voyons voir… je crois qu’on a fait le tour 🧐

    Ah oui, heureusement, il y a l’eau 🚰

    C’est pour ça qu’en France, je préfère souvent commander une bière 😂

    Kanpai 🍻

  • Hashima – Gunkanjima : l’île fantôme de Nagasaki

    Hashima – Gunkanjima : l’île fantôme de Nagasaki

    こんばんは、

    Hashima est une île de Nagasaki, plus communément appelée Gunkanjima, en ressemblance à la forme qu’elle évoque : un navire de guerre. Gunkan veut dire navire de guerre, et Shima ou Jima, île.

    Au départ, il s’agit d’un simple récif de quelques hectares, sur lequel s’est développé, au fil du temps, une plateforme d’accueil d’une population résidente pour l’exploitation d’une mine de charbon, jusqu’en 1974.

    L’île reçoit, dans les années 1950, son plus fort potentiel d’exploitation et d’habitants, ce qui engendre une densité de population inouïe, de près de 85.000 habitants par km² !

    Pour référence, celle de Paris est de 21.000 hab/km², celle du centre de Tōkyō de 15.000 hab/km², celle de Bombay de 28.000 hab/km², et celle de Manille de 43.000 hab/km².

    Pourtant, malgré cette densité, la vie demeure paisible, encadrée par un excellent système éducatif et socioculturel.

    La ville bénéficie d’un réseau social très évolué, avec commerces, magasins, écoles, hôpital, pachinko, aires de jeux, théâtres, salles de concerts, cinéma, salons de coiffure et de beauté, restaurants, cafés, centre social, centre communautaire, bains publics, gymnase, et bien entendu un temple shintoïste consacré à la prière et aux cérémonies.

    Une ville-bateau qui s’étend sur 6,3 hectares, couvrant une superficie de 480 mètres de long sur 160 mètres de large.

    Elle atteint à son apogée, en 1960, près de 5.300 habitants, c’est-à-dire deux fois la densité de voyageurs que peuvent recevoir les plus imposants navires de croisière au monde !

    Malgré cette population, la vie s’organise dans le plus grand respect des règles de société. Quelques policiers sont mutés sur l’île, mais plutôt pour une fonction d’assistance à la population que de répression.

    Une prison a pourtant été construite, mais celle-ci n’a jamais été utilisée, sauf pour de rares fois comme cellule de dégrisement.

    Cependant, l’île connaît au cours de son histoire, et principalement pendant la Seconde Guerre mondiale, l’exploitation d’une main-d’œuvre étrangère et de prisonniers chinois, ce qui fait encore débat, faisant aussi l’objet d’une enquête menée par Eidai Hayashi (décédé en 2017), pour apporter la lumière et la vérité sur cette partie « sombre » de la mine de charbon du Gunkanjima.

    Le gisement de houille de Hashima a été découvert dans les années 1810.

    Ce n’est qu’en 1869 que la mine de charbon a commencé à être exploitée, mais pour peu de temps, en raison de l’extrême violence des typhons qui font rage sur l’île, très exposée aux intempéries.

    En 1890, des moyens plus conséquents sont investis par Mitsubishi pour exploiter l’île de manière pérenne. Hashima s’est alors, petit à petit, développée pour recevoir de plus en plus d’ouvriers.

    Entre 1914 et 1945, l’exploitation minière s’intensifie pour soutenir la modernisation du Japon, et de nombreuses constructions s’érigent pour loger les travailleurs, toujours plus nombreux.

    C’est entre 1945 et 1964 que Hashima atteint sa concentration et son activité maximales.

    Entre 1964 et 1974, l’extraction de charbon décroît fortement.

    Quand la production minière cesse, le 15 janvier 1974, deux mille résidents sont encore présents sur l’île.

    Depuis 1974, l’île s’abandonne aux tumultueuses intempéries, restituant son sol à la nature. Les installations, petit à petit grignotées par les effondrements successifs, font de ce lieu historique un accès dangereux et devenu interdit : une île fantôme.

    En 2015, le Gunkanjima est enregistré comme patrimoine culturel mondial de l’UNESCO.

    Diaporama

    gunkanjima-ile-fantome-japon-eric-petr4
    previous arrow
    next arrow

    Photographies 2023 © Éric Petr

    L’accès n’est possible que sur une toute petite partie de l’île, et en visites strictement organisées pour de petits groupes.

    En 2003, le Musée Gunkanjima, créé en mémoire de ce site unique, retranscrit l’histoire de Hashima, sa géographie et son économie par des films, conférences, installations et vidéos d’animation 3D, textes et modules interactifs, pour que le visiteur puisse se projeter au cœur de l’exploitation minière, ses habitations et sa vie d’autrefois.

    C’est également ici que vous pourrez prendre votre ticket pour visiter l’île.

    N’hésitez pas à prendre le billet premium qui vous donne accès sur l’île.

    Vous pourrez finir la découverte de Nagasaki en visitant la Basilique des Vingt-Six Saints Martyrs du Japon, et le magnifique Glover Garden, où le coucher de soleil ajoute une palette impressionnante à la vue spectaculaire du port de Nagasaki.

    Sources de l’article

    Japan Travel

    Discover Nagasaki

    GunkanJima.net

  • Le « Bateau Fantôme » de Koh Chang : étrange histoire !

    Le « Bateau Fantôme » de Koh Chang : étrange histoire !

    こんにちは!
    Aujourd’hui il ne s’agit pas du Japon mais de la Thaïlande. L’histoire est singulière et elle est liée aux divinités qui sont aussi très présentes dans la culture japonaise.

    À Koh Chang, en Thaïlande, un projet hôtelier particulièrement insolite vit le jour en 2004 : le complexe Koh Chang Boat Chalet & Grand Lagoona, parfois appelé « The Galaxy ».

    Imaginé par un milliardaire thaïlandais, ce projet atypique proposait des chambres installées dans un ancien bateau de croisière définitivement amarré et transformé en hôtel. Autour de lui, plusieurs chalets avaient également été aménagés sur de petites embarcations reconverties en hébergements de luxe.

    L’ensemble attirait une clientèle curieuse de vivre une expérience originale, séduite par le caractère singulier du lieu. Pourtant, malgré cet attrait, le complexe cessa son activité quelques années plus tard, apparemment pour des raisons financières.

    Abandonné depuis, le site est progressivement devenu un lieu de curiosité touristique, fréquenté notamment par les amateurs d’exploration urbaine.

    Mais derrière l’histoire officielle circule une autre version, transmise par certaines rumeurs locales. Selon ces récits, le complexe aurait été construit sur un lieu considéré comme sacré. Certains Thaïlandais évoquent ainsi une possible malédiction liée à des forces spirituelles.

    Des histoires d’accidents mystérieux et de suicides seraient également associées à ce lieu, ce qui contribuerait à entretenir sa réputation étrange et à expliquer, pour certains, la fin soudaine de l’activité touristique.

    Le 3 décembre 2024, le site du Grand Lagoona a été frappé par un incendie dont l’origine reste inconnue. Pour certains habitants de l’île, cet événement ne ferait que renforcer la légende entourant ce lieu singulier.

    Le Koh Chang Boat est aujourd’hui souvent surnommé le « Bateau Fantôme ». Cette appellation aurait été popularisée par Ian, blogueur installé à Koh Chang, qui raconte régulièrement la vie de l’île sur son site.

    [ Koh Chang Guide for Independent Travelers ]
    https://iamkohchang.com/photos/various/galaxy-koh-chang-ghost-ship.html

    Diaporama

    NipponJaponEtiquette-GhostShip-1
    previous arrow
    next arrow

    Les photographies ici présentées ont été réalisées par le photographe Éric Petr en janvier 2025, environ un mois après l’incendie du Bateau Fantôme.

    Si vous désirez vous rendre à Koh Chang, je vous recommande la lecture de ces sites web :

    [ Koh Chang Guide for Independent Travelers ] https://iamkohchang.com

    [ KB Resort sur Kai Bae Beach ] https://sites.google.com/kbresort.com/www-kbresort-com

    [ Koh Chang sur Maps ] https://maps.app.goo.gl/WcRceE88k7wmfqh97 

  • Sur les pas de Katsushika Hokusai

    Sur les pas de Katsushika Hokusai

    皆さん、こんにちは !

    Une petite idée pour une balade sur les pas de Katsushika Hokusai 葛飾北斎 (1760-1849), dans le quartier de Sumida à Tōkyō où il vécut la majeure partie de sa vie, et que borde le cours d’eau Sumida-gawa 隅田川. 

    Si vous venez de Asakusa 浅草, vous ne pourrez pas manquer en traversant la Sumida-gawa, la vue spectaculaire sur la sculpture dorée de 360 tonnes et 44 mètres de long, réalisée en 1989 par le designer français Philippe Starck pour célébrer le centenaire de la bière Asahi, nommée « La Flamme d’Or » mais rebaptisée par les Japonais « Le Caca d’Or » 金のうんこ😀 
    Voyez-vous, notre réputation n’est plus à faire ; elle est internationale !!! 

    La Sky Tree, le Temple de la bière Asahi et la gigantesque sculpture La Flamme d’Or

    Mais l’intention n’est pas de contempler l’œuvre excrément grande du Français mais plutôt de se rendre au Sumida Hokusai Museum.  

    Le musée réalisé par l’architecte japonaise Kazuyo Sejima 妹島和世 en 2016 rassemble la majorité des œuvres de Hokusai dont certaines peintures dessinées à la main, des estampes et des livres imprimés qui forment une collection exceptionnelle de classe mondiale.

    C’est donc une visite que je vous recommande dans la prolongation de celle de Asakusa et de la Sky Tree par exemple.

    La Sumidagawa et la Sky Tree (634m)
    La Sumidagawa et la Sky Tree (634m)


    Musée Sumida Hokusai
    Vue de l’intérieur du Musée Sumida Hokusai
    Œuvre de Katsushika Hokusai « Le bûcheron et le pêcheur »
    À l’intérieur du Musée Sumida Hokusai
    Parking à vélos du Musée
  • Pourquoi Nippon Japon & Étiquette ?

    Pourquoi Nippon Japon & Étiquette ?

    初めまして、よろしくお願いします。

    En 2003, j’ai découvert le Japon de manière assez inattendue.
    Alors que je m’apprêtais à partir en voyage pour la Chine, celui-ci fut annulé trois jours avant le départ. Je décidai alors de changer mon projet et de m’envoler, la veille pour le lendemain, pour Tōkyō.

    Je me suis ainsi retrouvé projeté dans cette immense ville, seul, sans avoir réservé d’hôtel ni même eu le temps d’acheter un guide de voyage. Une immersion totale dans l’inconnue 😅

    Bien que plein d’a priori sur le Japon, ma surprise fut de découvrir un pays très différent de tout ce qu’on racontait à son sujet.

    Depuis ce premier voyage, je n’ai cessé de nourrir une véritable passion pour cette destination, m’y rendant très régulièrement, au rythme d’une à deux fois par an. Et, par le plus heureux des hasards, j’ai rencontré mon épouse, japonaise, quelques années plus tard.

    Au fil du temps, j’ai parcouru une grande partie de l’archipel et, passionné par cette culture, j’ai très rapidement appris le japonais. La langue et l’écriture m’ont permis une acculturation plus profonde et de mieux comprendre ce qui structure la société japonaise : ses usages, ses codes sociaux et ses formes de politesse.

    Car le Japon ne se résume pas à ses paysages, à ses temples ou à ses villes.

    Il se vit aussi à travers une multitude de gestes, d’attentions et de règles implicites qui façonnent les relations entre les personnes. Autrement dit, à travers une forme d’étiquette sociale très particulière.

    J’avoue aujourd’hui avoir commis de nombreuses erreurs et de nombreux faux pas au cours de cette phase d’apprentissage des bonnes manières japonaises. Il m’aura fallu du temps pour en comprendre les subtilités. Je dois d’ailleurs m’excuser auprès des nombreux Japonais que j’ai pu heurter en montrant parfois l’image un peu maladroite du « bon Français en voyage » ✨🙇✨

    Avec les années, j’ai aussi remarqué que l’on trouve aujourd’hui une information abondante sur les excursions, les « bons plans » ou les meilleures adresses. En revanche, il est beaucoup plus difficile de trouver des explications simples sur la manière de bien se comporter au Japon.

    Or, le « bien se comporter » n’est rien d’autre qu’une forme de respect : la délicate attention de se renseigner sur les codes d’un pays afin de les adopter le temps de son voyage, pour ne pas importuner ses hôtes.

    C’est précisément l’esprit de ce site.

    Le titre « Nippon Japon & Étiquette » résume cette démarche.

    « Nippon » et « Japon » évoquent le pays, sa culture et la vie quotidienne que je vous raconte ici. Quant à « l’Étiquette », elle renvoie à ces règles souvent invisibles qui structurent la société japonaise et que tout visiteur gagne à connaître.

    Sur ce site, je partage donc des anecdotes et des observations qui reflètent l’ambiance japonaise. J’y évoque les codes de la société, la manière d’aborder certains lieux avec courtoisie, le fonctionnement de la langue japonaise et quelques conseils simples pour une utilisation pratique. Je vous parle aussi des habitudes des Japonais et de l’atmosphère de lieux parfois méconnus ou inattendus.

    Si vous souhaitez voyager au Pays du Soleil Levant, ce site « Nippon Japon & Étiquette » vous conviendra.

    Alors, ne tardez plus à vous inscrire au flux RSS ou à vous abonner en tant que membre pour ne rien manquer du Japon non-dit.

    © Toutes les photographies de ce blog sont éditées par Éric Petr